PAYE, tax code et tes actifs français : le guide fiscal UK pour les Français
Au UK, l’impôt est prélevé directement sur la paie (PAYE) via un « tax code ». Mauvais code à l’arrivée — fréquent — et tu paies trop pendant des mois. Et si tu gardes un appartement, un PEA ou un Livret A en France, le UK a aussi son mot à dire. Voici la carte.
Tu as commencé (ou vas commencer) un emploi UK et tu veux comprendre ta fiche de paie — le PAYE, le tax code, et pourquoi tes premiers mois pourraient être mal imposés.
- Le PAYE (Pay As You Earn) signifie que l’employeur prélève l’impôt et la National Insurance sur chaque fiche de paie — en général, pas de déclaration annuelle pour les salariés.
- Ton tax code (ex. 1257L) indique à l’employeur l’abattement non imposable à appliquer — actuellement un abattement personnel de £12,570.
- À l’arrivée, on te met souvent sur un code d’urgence (repère un suffixe W1, M1 ou X après les chiffres, ou des codes comme BR / 0T) — il peut sur-prélever pendant quelques mois jusqu’à ce que HMRC émette le bon.
- Ça se corrige de deux façons : souvent automatiquement une fois que HMRC a tes infos, ou via un décompte fiscal P800 en fin d’année — réclame ce remboursement en ligne (virement, ~5 jours ouvrés) plutôt que d’attendre un chèque plus lent.
- Les actifs gardés en France ne sortent pas du tableau : résident UK, tu es en principe imposé sur tes revenus mondiaux — un Livret A ou les gains d’un PEA peuvent devenir imposables au UK. Un régime de 4 ans pour les nouveaux arrivants (FIG) peut tout changer : cartographie tes actifs avant de partir.
Comment marche le PAYE
En venant du prélèvement à la source français, le PAYE te semblera familier mais plus strict : l’employeur prélève l’impôt et la National Insurance sur chaque fiche de paie, et pour la plupart des salariés, il n’y a aucune déclaration annuelle. HMRC indique à l’employeur combien prélever via ton tax code.
Ton tax code
Un code comme 1257L encode ton abattement personnel non imposable (actuellement £12,570) — la part de revenu imposée à 0 %. Le bon code = le bon impôt. Un mauvais code — trop peu d’abattement, ou « urgence » — et tu paies trop (ou, rarement, pas assez).
Pourquoi tu paies trop à l’arrivée
C'est le piège classique du Français qui arrive. Avant que HMRC n'ait toutes tes infos (et ton P45 si tu avais déjà travaillé au UK), on te met souvent sur un code d'urgence qui ne donne pas ton abattement complet. Repère-le à sa forme, pas seulement au mot « urgence » : un suffixe W1, M1 ou X après un code d'apparence normale (ex. « 1257L W1 ») signifie non cumulatif — chaque période de paie est imposée comme si c'était ta seule de l'année, ce qui peut faire paraître une première fiche de paie brutalement sur-taxée. Tu peux aussi voir BR (100 % du revenu de cet emploi taxé au taux fixe de 20 %, aucun abattement) ou 0T (aucun abattement du tout — fréquent sans P45 remis, ou un questionnaire d'arrivée suggérant un autre emploi principal). Résultat : tes premiers mois sont sur-imposés. Ce n'est pas perdu — une fois le bon code émis, la paie rembourse en général le trop-payé automatiquement. Mais encore faut-il le remarquer.
Se le faire rembourser : le P800
Si le trop-payé n'est pas repéré et corrigé pendant l'année fiscale elle-même, HMRC solde la situation de tout le monde en fin d'année et envoie une lettre de décompte fiscal P800 à quiconque a trop ou pas assez payé. Si elle indique qu'on te doit de l'argent, n'attends pas simplement un chèque : connecte-toi à ton Personal Tax Account sur GOV.UK et choisis l'option virement bancaire — ça arrive en général en environ 5 jours ouvrés, contre plusieurs semaines pour un chèque envoyé par courrier.
P45, P60, P11D
- P45 — remis quand tu quittes un emploi : ta paie et ton impôt à ce jour. Donne-le à ton nouvel employeur pour fixer le bon code.
- P60 — récapitulatif annuel de paie et d’impôt. Garde-le (preuve de revenus, remboursements).
- P11D — déclare les avantages en nature imposables (ex. santé privée), le cas échéant.
Tes actifs français : ce que le UK voit une fois que tu es résident
La plupart des Français pensent que leur vie fiscale UK commence et finit avec la fiche de paie. Non. Une fois résident fiscal UK, le principe de départ est que le UK impose tes revenus et plus-values mondiaux — y compris l’appartement gardé à Lyon, les intérêts de ton Livret A et les dividendes tranquillement réinvestis dans ton PEA. Deux choses empêchent que ça tourne à la catastrophe : la convention fiscale France-UK (qui décide qui taxe quoi, et évite qu’un même revenu soit imposé deux fois) et, depuis avril 2025, le régime FIG — les nouveaux arrivants non-résidents UK pendant les 10 années précédentes peuvent demander jusqu’à 4 ans d’exonération sur leurs revenus et gains étrangers. Le demander a des contreparties (tu renonces à des abattements) : savoir si ça vaut le coup dépend de ce que produisent tes actifs français. C’est un calcul, pas une intuition.
Actif par actif, la carte honnête :
- Immobilier loué en France — les revenus locatifs restent d’abord imposables en France (règles des non-résidents, prélèvements sociaux en plus), et doivent en général aussi être déclarés au UK avec le mécanisme de la convention. Double déclaration, pas double imposition — à condition de déclarer correctement des deux côtés.
- PEA — conservable en principe au départ, mais HMRC ne reconnaît pas l’enveloppe : côté UK, c’est un simple compte-titres, donc les dividendes et plus-values réalisés dedans peuvent devenir imposables au UK (hors FIG). Piège pratique distinct : certains courtiers français ferment les comptes des résidents UK — vérifie le tien avant de partir, pas après.
- Assurance-vie — le sujet le plus complexe. Le UK ne reconnaît pas non plus cette enveloppe, et les contrats étrangers ont leurs propres règles UK (impitoyables) ; un rachat mal daté en tant que résident UK peut transformer une épargne patiente en revenu imposable. Si tu en détiens une, ce point à lui seul justifie une conversation professionnelle avant le départ.
- Livret A, LDDS, PEL — l’exonération est une promesse française. Pour HMRC, ce sont des intérêts étrangers ordinaires, imposables pour un résident UK (hors abattements et FIG). Et les banques échangent automatiquement les données de comptes (norme CRS) : ce n’est pas invisible.
- Compte-titres ordinaire (CTO) — en gros : les plus-values reviennent à ton pays de résidence (le UK), les dividendes gardent une retenue à la source française avec un crédit d’impôt UK via la convention. Gérable, mais à déclarer des deux côtés.
- Exit tax — quitter la France avec un gros portefeuille de titres (environ 800 k€ et plus, ou des participations importantes) peut déclencher l’exit tax française sur les plus-values latentes, avec en général un sursis de paiement. Peu de gens sont concernés ; ceux qui le sont savent qu’ils devraient déjà parler à quelqu’un.
Avant de partir — les trois gestes : ① liste chaque actif avec sa valeur actuelle (ta date de départ devient un point de référence) ; ② demande par écrit à ta banque/ton courtier/ton assureur s’ils gardent les clients résidents UK ; ③ fais trancher la question FIG — le demander ou non — sur tes chiffres par un professionnel France-UK. Certains arbitrages (vendre, racheter, restructurer) sont radicalement meilleurs d’un côté de la date de départ que de l’autre.
Ton plan — un aperçu
Comprendre le PAYE, obtenir le bon code, vérifier tes premières paies, garder tes P45/P60 — et cartographier tes actifs français avant de décoller. Veia séquence la vérification du tax code (avec l’étape NIN) pour que tu ne paies pas trop en silence.
Questions fréquentes
Les salariés font-ils une déclaration au UK ?
En général non. Le PAYE prélève l’impôt sur chaque paie, donc la plupart des salariés ne déclarent pas annuellement. L’auto-déclaration (self-assessment) peut être nécessaire pour des revenus annexes, de très hauts revenus, ou une activité indépendante.
Pourquoi ma première paie UK est-elle autant taxée ?
Souvent parce que tu es sur un code d’urgence avant que HMRC n’ait toutes tes infos. Il sur-prélève en général jusqu’à l’émission du bon code ; le trop-payé est ensuite remboursé automatiquement via la paie.
C’est quoi un P45 et un P60 ?
Le P45 est le document remis par un ancien employeur quand tu pars (paie et impôt à ce jour). Le P60 est le récapitulatif annuel de ta paie et de ton impôt. Garde les deux — ils aident à corriger ton code et à prouver tes revenus.
Que veulent dire des codes comme BR, 0T ou le suffixe W1/M1 ?
BR taxe 100 % du revenu de cet emploi au taux de base fixe de 20 %, sans aucun abattement personnel. 0T signifie aucun abattement personnel du tout — fréquent si tu n’as pas remis de P45, ou que ton questionnaire d’arrivée suggère un autre emploi principal. Un suffixe W1, M1 ou X après un code d’apparence normale (ex. « 1257L W1 ») signifie « non cumulatif » : chaque période de paie est imposée comme si c’était ta seule de l’année, ce qui explique qu’une première fiche de paie sur cette base puisse sembler brutalement taxée par rapport à la suite.
Comment je récupère vraiment le trop-payé ?
Deux voies : souvent HMRC corrige ton code en cours d’année et la paie te rembourse automatiquement sur une fiche suivante. Si ce n’est pas repéré avant la fin de l’année fiscale, HMRC envoie une lettre de décompte « P800 » — connecte-toi à ton Personal Tax Account sur GOV.UK et choisis le virement bancaire (payé en environ 5 jours ouvrés) plutôt que d’attendre un chèque, qui peut prendre plusieurs semaines.
Je garde mon PEA si je pars au UK ?
Le conserver est en général possible (le départ à l’étranger n’oblige plus à le clôturer, sauf vers un État non coopératif) — mais deux pièges. Certains courtiers français ferment ou restreignent les comptes des résidents UK : vérifie le tien avant de partir. Et HMRC ne reconnaît pas l’enveloppe PEA : fiscalement côté UK, c’est un simple compte-titres, donc les dividendes et plus-values réalisés dedans peuvent devenir imposables au UK — sauf si tu bénéficies du régime des nouveaux arrivants de 4 ans (FIG). À cartographier avec un professionnel France-UK avant le départ.
Mon Livret A est-il imposable au UK ?
En principe oui. L’exonération est une règle française — HMRC voit les intérêts du Livret A ou du LDDS comme des intérêts d’épargne étrangers ordinaires, imposables pour un résident UK (sous réserve de tes abattements d’épargne, et sauf régime FIG de 4 ans). Les banques échangent automatiquement les informations de comptes transfrontaliers (norme CRS) : « trop petit pour le mentionner » n’est pas une stratégie.
Je loue mon appartement en France : où suis-je imposé ?
Les revenus locatifs français restent d’abord imposables en France (pays de la source), avec les taux minimum des non-résidents et les prélèvements sociaux en plus. Résident UK, tu dois en général aussi les déclarer au UK, avec le mécanisme de la convention pour que le même revenu ne soit pas taxé deux fois. La convention France-UK fait de la double imposition l’exception, pas la règle — à condition de déclarer correctement des deux côtés. Taux exacts et question des prélèvements sociaux dépendent de ta situation : fais-la vérifier par un professionnel.