Visa conjoint / partenaire UK : le seuil de revenu, le vrai coût, et la route que beaucoup de couples se trompent à choisir
S’installer au UK par amour, c’est affronter l’un des visas les plus exigeants du pays, un seuil de revenu de £29 000, des preuves au format imposé, et une facture qui dépasse £5 000 avant le premier carton. Mais la première erreur arrive plus tôt : beaucoup de couples préparent pendant des mois un visa qui n’est pas le leur.
Vous êtes un couple à cheval sur la Manche : ton partenaire est britannique (ou installé au UK) et tu prépares le départ, ou vous partez tous les deux de France et tu te demandes quel visa couvre celui qui n’a pas l’offre d’emploi.
- Le visa famille (partenaire) est réservé aux partenaires de Britanniques ou de résidents « settled ». Si vous partez TOUS LES DEUX de France, celui qui n’a pas le poste vient en général comme « dependant partner » du visa travail de l’autre, sans seuil de £29 000, sans épargne de £88 500. Se tromper de route coûte des mois.
- Le seuil de revenu de £29 000 est porté par le sponsor installé au UK. À la première demande depuis l’étranger, ton propre salaire français ne compte pas : règle dure qui surprend les candidats bien payés.
- Pas de revenu ? L’épargne peut tout remplacer à £88 500, détenue depuis au moins 6 mois. En dessous, chaque livre au-delà de £16 000 réduit le revenu exigé (÷ 2,5).
- Budget honnête : £2 064 de frais de dossier depuis l’étranger + £3 105 de surcharge santé (IHS) = £5 169 d’avance, avant le test d’anglais et les documents. Non remboursé en cas de refus.
- C’est une route de 5 ans vers l’installation définitive, en deux visas (2 ans 9 mois puis 2 ans 6 mois), avec un anglais qui monte à chaque étape : A1 pour entrer, A2 pour prolonger, B1 pour s’installer : annoncé à B2 à partir de mars 2027.
Première question : quel visa pour votre couple ?
Les guides génériques foncent sur « le spouse visa ». Pour un couple France–UK, c’est sauter la décision qui compte le plus. Il y a trois portes différentes, et elles n’ont presque rien en commun :
- Ton partenaire est britannique ou « settled » (Indefinite Leave to Remain, ou settled status du EU Settlement Scheme, y compris des Français qui l’ont obtenu). C’est le visa famille (partenaire) : le seuil de £29 000, le dossier de preuves, tout ce qui suit dans ce guide.
- Vous partez tous les deux de France, l’un avec un emploi UK sponsorisé. L’autre demande le statut de « dependant partner » sur le visa travail, une demande liée, sans seuil de revenu du sponsor, sans épargne de £88 500, et avec plein droit de travailler. Vous prouvez la relation (mariage, partenariat civil, ou 2 ans de vie commune) et payez les frais + IHS. Voir notre guide Skilled Worker pour le volet du demandeur principal.
- Ton partenaire est un citoyen européen installé au UK avant 2021 avec un statut EUSS : selon la date de début de votre relation, des routes de rapprochement du Settlement Scheme peuvent encore s’appliquer, un jeu de règles distinct, à vérifier sur GOV.UK avant de te supposer un visa famille.
Des couples perdent ici de vrais mois : à monter un dossier famille que personne ne leur demandera, ou, pire, à croire qu’une route « dependant » existe alors que le partenaire est britannique et que le seuil de £29 000 s’applique plein pot. Dix minutes de triage d’abord ; tout le reste en découle. Retiens que ces règles tiennent au statut, pas à la nationalité : un Français avec le settled status sponsorise comme un Britannique, et un partenaire britannique qui n’a pas vécu au UK récemment sponsorise quand même sous les mêmes règles de revenu.
Le seuil de £29 000, en vrai
Pour le visa famille (partenaire), le sponsor doit justifier d’un revenu brut d’au moins £29 000 par an : seuil fixé le 11 avril 2024. Trois choses que le chiffre cache :
- C’est le revenu du sponsor qui compte à l’entrée. En déposant depuis la France, ton propre salaire, aussi confortable soit-il, n’entre pas dans le calcul. Il ne commence à compter qu’au renouvellement, une fois au UK avec le droit de travailler.
- Plus de majoration par enfant. Sous le régime actuel, le seuil est unique, avec ou sans enfants. (Les couples entrés dans la route avant le 11 avril 2024 restent sur l’ancien système : £18 600, plus £3 800 pour un premier enfant et £2 400 par enfant supplémentaire.)
- Le format des preuves est aussi strict que le montant. Un salaire se prouve par 6 mois de fiches de paie et les relevés bancaires qui correspondent et une lettre de l’employeur au format prescrit. L’activité indépendante a son propre dossier, plus lourd. La plupart des refus « revenu » sont des refus de paperasse, pas de livres sterling.
Une chose à savoir en août 2026 : le comité consultatif indépendant (MAC) a recommandé en juin 2025 d’abaisser le seuil vers £23 000–£25 000. Le gouvernement n’a pas tranché. Tant que les règles n’ont pas changé, c’est £29 000 qui juge ton dossier : construis là-dessus, et considère une future baisse comme un bonus.
L’alternative épargne : comment marchent les £88 500
Pas de revenu qualifiant ? L’épargne liquide peut s’y substituer. La mécanique : les premiers £16 000 ne comptent pas ; au-delà, chaque tranche de £2,50 d’épargne remplace £1 de revenu annuel. Remplacer entièrement £29 000 demande donc £16 000 + 2,5 × £29 000 = £88 500. On peut aussi panacher : une part de revenu, une part d’épargne, même formule sur le manque.
Les conditions ne pardonnent pas : l’argent doit être détenu depuis au moins 6 mois sous forme liquide (pas d’actions, pas de crypto, pas d’appartement à vendre), sous le contrôle du couple, relevés à l’appui sur toute la période. Le virement de dernière minute d’un parent ne marche pas, le compteur des 6 mois repart de zéro. Si l’épargne est ta route, la préparation commence au moins six mois avant le dépôt.
Prouver la relation, ce que veut dire « genuine and subsisting »
Tu es éligible par un mariage ou partenariat civil reconnu au UK, ou comme partenaire non marié après 2 ans de vie commune (une route fiancé(e) existe aussi : 6 mois pour entrer et se marier, puis basculer, sans droit de travailler entre-temps). Dans tous les cas, le Home Office évalue si la relation est genuine and subsisting : réelle, actuelle, et tournée vers un avenir commun.
Ce qui convainc, ce n’est pas le volume, c’est l’empreinte commune dans la durée : baux ou factures à la même adresse, comptes joints, voyages ensemble, photos étalées sur les années, messages échantillonnés sur toute la relation, pas 300 pages imprimées la semaine d’avant. Les couples à distance doivent garder les preuves des visites et du contact quotidien. Un dossier de relation maigre est le deuxième refus classique après la paperasse de revenu.
Le vrai coût total : frais, IHS, et ce que personne ne budgète
Pour une première demande depuis l’étranger : £2 064 de frais de dossier + £3 105 de surcharge santé (£1 035 par an × 33 mois) = £5 169, payés d’avance, non remboursés en cas de refus. Ajoute le test d’anglais agréé (environ £150–£200), les traductions certifiées des documents français, et le service prioritaire optionnel si tu veux une décision en ~30 jours ouvrés au lieu des ~12 semaines standard.
Puis ça recommence : le renouvellement à 2 ans 9 mois coûte £1 407 + £2 587,5 d’IHS, et l’installation définitive (ILR) en année 5 a ses propres frais, plus élevés. Sur toute la route, plus de £10 000 par personne rien qu’en coûts publics est un chiffre de planification réaliste. C’est beaucoup, et c’est exactement le genre de montant qui doit figurer dans le budget du départ à côté du dépôt de garantie et des déménageurs, pas surgir en surprise. Notre guide du vrai coût d’une installation à Londres couvre le reste de ce budget.
La route de 5 ans, et un anglais qui monte avec elle
La route, c’est deux visas puis l’installation : 33 mois accordés depuis l’étranger, un renouvellement de 30 mois, et l’Indefinite Leave to Remain après 5 ans continus sur la route. L’anglais grimpe à chaque porte : A1 pour entrer, A2 pour prolonger, B1 pour s’installer, et le gouvernement a annoncé le passage du niveau d’installation à B2 à partir du 26 mars 2027. Les tests se passent dans des centres agréés (SELT) ; un test du bon niveau chez le mauvais prestataire est un refus, pas une formalité.
Côté planning : depuis la France, la décision standard prend environ 12 semaines : pendant lesquelles ton passeport accompagne le dossier. Cale les déménageurs, le préavis et la rentrée scolaire après cette fenêtre, pas au travers.
Les refus évitables, où les bons dossiers se perdent
- Le revenu prouvé dans le mauvais format. Six mois de fiches de paie avec des relevés qui ne correspondent pas aux dates ou aux montants, ou la lettre d’employeur manquante, les règles spécifient les documents à la virgule près, et les « presque » sont refusés.
- L’épargne pas assez ancienne. Les £88 500 sont arrivés il y a quatre mois : refus. La règle des 6 mois ne tolère rien.
- Compter le salaire étranger du demandeur. Il ne compte pas à l’entrée, les dossiers bâtis dessus échouent au calcul.
- Un dossier de relation épais mais creux. Des centaines de pages d’une seule année, rien sur la durée de la relation.
- Le mauvais test d’anglais. Le bon niveau, dans un centre non agréé.
- La mauvaise route tout court. Un couple « dependant » qui monte un dossier famille, ou l’inverse. C’est le triage en tête de ce guide.
Un refus coûte l’intégralité des frais (l’IHS mis à part, remboursé), des mois de retard, et il devra être déclaré dans les demandes futures. L’assurance la moins chère, c’est de séquencer le dossier correctement du premier coup.
Ton plan, un aperçu, pas la checklist complète
La logique en bref : trier la route avant tout, établir comment le sponsor atteint £29 000 (ou faire mûrir l’épargne 6 mois à l’avance), construire les preuves de relation dans la durée, réserver le bon test d’anglais, et budgéter £5 169 et plus sans ciller. Ce qu’on ne te livre volontairement pas ici, c’est la séquence complète et datée, parce que la version qui marche est liée à votre route, au calendrier de paie de votre sponsor et à votre date de départ, avec la recherche d’appart et la prise de poste calées autour de la fenêtre de décision de 12 semaines. C’est ce que Veia construit.
Questions fréquentes
Nous sommes tous les deux français et partons ensemble : faut-il un visa partenaire ?
En général non. Le visa famille (partenaire) sert à rejoindre un citoyen britannique ou une personne « settled » au UK. Si l’un de vous a une offre d’emploi UK avec sponsorship (Skilled Worker), l’autre demande le statut de « dependant partner » sur ce visa, une démarche différente et souvent plus simple, sans seuil de revenu du sponsor ni épargne de £88 500. Il faudra prouver 2 ans de vie commune, ou un mariage / partenariat civil.
Mon propre salaire compte-t-il pour les £29 000 ?
Pas pour la première demande depuis l’étranger. L’entry clearance regarde le revenu du partenaire basé au UK (salaire, indépendant, pension, certains revenus non salariaux). Ton salaire français ne commence à compter qu’au renouvellement, une fois au UK avec le droit de travailler. Une exception : si ton partenaire britannique vit à l’étranger avec toi, son emploi hors UK peut compter, mais seulement couplé à une offre d’emploi UK confirmée au niveau du seuil.
Combien ça coûte vraiment, au total ?
Prévois environ £5 169 de coûts publics incompressibles pour le premier visa depuis l’étranger (£2 064 de dossier + £3 105 d’IHS pour 33 mois), puis une tournée comparable au renouvellement (£1 407 + £2 587,5), plus les frais d’installation définitive ensuite, le test d’anglais agréé à chaque niveau, et les traductions. Sur les 5 ans de la route, un total réaliste dépasse £10 000 par personne, à intégrer au budget du départ dès le premier jour.
Le seuil de £29 000 va-t-il baisser ?
Peut-être, mais ne construis pas ton projet dessus. Le comité consultatif indépendant (MAC) a recommandé en juin 2025 de le ramener vers £23 000–£25 000, et en août 2026 le gouvernement n’a toujours pas tranché. Tant que les Immigration Rules n’ont pas changé, les dossiers sont jugés à £29 000. Si tu es éligible maintenant, dépose maintenant ; dans ce domaine, les règles bougent dans les deux sens.